mustang

© CG Cinéma

À toutes les femmes opprimées dans le monde, à toutes celles que l’on Excise, que l’on marie de force, que l’on oblige à porter un infâme niqab, que l’on viole, qu’on lapide, qu’on vitriole, qu’on enferme, à qui on interdit l’accès à l’école et à un métier, qui n’ont pas le droit d’exprimer une opinion, à toutes ces femmes qui vivent en Somalie, en Turquie, en Iran, au Yémen ou encore en Inde et qui ont moins de considération qu’un animal, c’est à toutes ces femmes que Denis Gamze Ergüven dédie certainement son film « Mustang ».

La film s’ouvre sur 5 sœurs adolescentes sublimes, qui à la sortie de l’école, le jour des vacances scolaires, décident de rentrer chez elles à pied, elles s’arrêtent à la plage et chahutent innocemment avec des garçons. Arrivées à la maison située dans un village à 1000 km d’Istanbul, elles sont accueillies par leur grand-mère déjà informée de l’attitude jugée « scandaleuse » de ses petites-filles, elle décide alors en accord avec l’oncle patriarche de reprendre en main leur éducation. Et c’est là que peu à peu la maison se transforme en prison, les filles reçoivent des cours de cuisine et de couture, leur donnant ainsi les bases pour qu’elles deviennent de parfaites ménagères, femmes au foyer soumises. Terminées les sorties et l’insouciance de la jeunesse, les ordinateurs, les téléphones sont mis sous clé, on installe des barreaux aux fenêtres, on habille les filles de robes informes « couleur de merde« , tout devient interdit. Et les deux premières filles se marient, l’aînée parvient à imposer l’homme qu’elle aime, la deuxième n’a pas cette chance, on choisit pour elle. La fratrie se disloque, l’étau se resserre, il y a l’oncle qui viole régulièrement une des filles. C’est Lale la rebelle, la plus jeune des sœurs, petit bout de femme à peine entrée dans la pré-adolescence qui contourne les interdits et se lie avec un chauffeur-livreur qui va lui apprendre à conduire une voiture, cette Lale, elle en a sous la semelle, insoumise, elle ne pliera jamais, elle qui ne rêve que de liberté.  Mustang est un film qui rend hommage aux femmes, ces femmes pugnaces confrontées à l’obscurantisme et l’étroitesse d’esprit de certains hommes. Pour autant, et malgré la gravité du sujet, Denis Gamze Ergüven parvient à filmer la légèreté, l’énergie et l’espoir, la BO est signée Warren Ellis et peut s’écouter ici http://soundcloud.com/editions-milan-music/sets/mustang-warren-ellis

Mustang est disponible à la médiathèque de Guebwiller.
Des becs.
Frida & Paco
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