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Blog de la Médiathèque Municipale de Secteur de Guebwiller

Les babillages de Frida et Paco

Mois

janvier 2015

Love Steaks

Salut la foule, on a prêté notre espace le temps de l’écriture d’une critique cinématographique au jeune Charles Herby, 17 ans, futur David Lynch. Ben nous voilà rhabillés pour l’hiver, la relève est assurée !

love steaks

L’histoire s’ouvre sur un clivage. D’une part, d’un étage du luxueux univers hôtelier que Jakob Lass esquisse dès les premières images : Clemens, jeune homme introverti et apathique masseur néophyte. De l’autre : Lara, aide-cuisinière véhémente, incontrôlée, noyant ses exubérances émotionnelles manifestes dans une flasque d’alcool. Rencontre. Fin d’un montage alterné veule. Naissance d’une passion explosive qui s’intensifiera jusqu’à, comme notre imaginaire et celui du réalisateur l’imposent, la destruction.

C’est sur cette forme d’amour ésotérique que semble reposer Love Steaks, dernier et second long-métrage du jeune réalisateur allemand sorti en 2013, soit deux années après son premier coup d’essai Frontalwatte. Dans sa construction fragmentée et lapidaire, le film semble ne proposer que la substantifique moelle d’une attirance forte et néfaste, presque tir à la corde sentimental dans lequel chacun, coup après coup, s’acharne à entrainer le second dans une forme d’échappatoire jouissif, personnel mais réprouvé par l’autre. La liaison de Lara et Clemens, en effet, prend rapidement des proportions excentriques. Elle se traduit d’abord par des jeux curieux auquel le spectateur se joint peu à peu ; comme une tierce personne partagée entre complicité, curiosité malsaine et profonde culpabilité de voyeurisme.

Mais progressivement, ce sentiment d’affection oxymorique – tout attire deux êtres que tout oppose – laisse place au côté ludique les affres d’un attachement paroxystique, Love Steaks n’en reste pas moins, dans sa thématique, une histoire d’amour puissante : peu à peu il ne s’agit plus de la perpétuation quotidienne d’une luxure assumée, mais de la survie d’un couple menacé par la fragilité de sa propre relation, alors aux balbutiements de sa construction. Comment lutter contre les troubles intérieurs et extérieurs, quand le caractère abscons d’une liaison semble l’emporter sur toute forme de raison ou d’influence ? Comment faire confiance à un être paraissant ne donner naissance qu’à une affinité abstruse et inexorable ? Tant de questions auxquelles le film ne répondra jamais, préférant probablement laisser au spectateur le droit de s’en approprier les solutions, ou d’y insuffler de manière cathartique son vécu personnel. Or, bien que foncièrement tragique dans les sujets qu’il aborde, Love Steaks s’impose étonnamment comme une oeuvre pétulante et empreinte d’un inextinguible vent de drôlerie.

C’est aux règles du Fogma qu’il doit toute son appréciable alchimie mélo-comique, référence évidente au Dogma de Lars Von Trier et Thomas Vinterberg duquel, loin d’escamoter uniquement une consonne, Jakob Lass extirpe un souci du réalisme et une réalisation aussi racée qu’envoutante, en combinant improvisation, volonté d’un regard presque documentaire et force narrative d’un scénario conventionnel. Cette anti-hiérarchisation de la mise en scène frappe ainsi de par sa sincérité, sa simplicité ne sombrant jamais dans le fastidieux ou la redondance; en s’appuyant sur le jeu fort et franc de deux professionnels, mêlé à l’authenticité de néophytes en évolution dans leur propre milieu. Il y a d’ailleurs, chez Lana Cooper et Frank Rogowski, cette capacité à explorer les interprétations les plus folles, sans pour autant briser la fine membrane séparant les théâtralités baroques du cabotinage. L’arrestation de Lara témoigne par exemple, à l’instar du film, de cette volonté d’insuffler dans les «tragédies ordinaires», toute une complexité artistique et scénaristique, apportant la savoureuse touche burlesque devenue essence du film: les glissades répétées de Clemens, de la même manière, suscitent le rire, mais bien au delà, nourrissent une dimension.

Jakob Lass brise ainsi les conventions de la comédie sentimentale lénifiante, où les lèvres se soudent non dans l’idylle d’un sentimentalisme insipide, mais dans les conséquences d’une fatalité résignée. Love Steaks ne se présente donc pas comme une autre histoire d’amour tragi-comique, porteuse d’une représentation sociale vaine, crasse et lourdaude. Il y a là l’exégèse du sentiment amoureux dans toute sa complexité, au sein d’une oeuvre qui malgré son renfermement et son environnement macrocosmique, se veut sans prétention d’une portée universelle et profondément humaine.

Charles Herby

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Il y a 70 ans, l’impensable…

Auschwitz-Birkenau1

Arbeit macht frei, la devise affichée sur le portail à l’entrée du camp d’extermination Auschwitz-Birkenau doit encore hanter les survivants. Le 27 janvier 1945, les troupes soviétiques découvraient avec effroi le plus grand camp d’Europe, le camp où l’on appliquait la solution finale mise en place par les nazis. 1,3 millions de Juifs, polonais non Juifs, Tsiganes (à ce propos, nous avions fait un excellent boulot il y a quelques années avec le musicien Yan Gilg sur le Samudaripen, génocide Tsigane pendant la deuxième guerre mondiale), prisonniers de guerre soviétiques, homosexuels, détenus de nationalité tchèque, yougoslave, français, allemand etc. ont été déportés à Auschwitz, 1,1 million d’entre eux sont morts dont 960 000 Juifs. Primo Levi, Simone Veil, Elie Wiesel et d’autres encore anonymes qui ont pour points communs celui d’être Juif et d’être des survivants du camp d’Auschwitz.

primo levi

Bien des témoignages ont heureusement été livrés par les survivants, l’un des plus importants étant « Si c’est un homme » de l’écrivain italien disparu en 1987 Primo Levi, qui décrit peu après sa sortie du camp d’Auschwitz son quotidien de déporté, la déshumanisation, l’horreur.

couverture maus

En 1986, Art Spiegelman publie une bande dessinée intitulée « Maus : un survivant raconte » qui relate l’histoire de la famille de son père durant l’Holocauste. Les personnages sont représentés par des animaux, les nazis sont des chats, les Juifs des souris. C’est la première oeuvre graphique traitant de ce sujet, elle obtient le Prix Pulitzer et est traduite dans plusieurs langues.

AU-REVOIR-LES-ENFANTS

Il y a aussi le film de Louis Malle « Au revoir les enfants » dont le sujet traite de la déportation d’enfants juifs à Auschwitz cachés dans un collège privé catholique. Le récit du réalisateur est en partie autobiographique.

Shoah-Affiche-1

Et bien entendu, le documentaire de 9 heures 30 réalisé par Claude Lanzmann « Shoah » consacré à l’extermination des juifs d’Europe dans les camps nazis. Tourné à la fin des années 70 et au début des années 80, le film est composé de témoignages de témoins de la Shoah.

A l’occasion de la commémoration du 70ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, nous avons rédigé une bibliographie sur le thème de la déportation. Ci-dessous (cette version peut être imprimée et/ou enregistrée si vous souhaitez la conserver) :

http://issuu.com/mediagueb/docs/d__portation?e=2586860/11148678

http://panorama.auschwitz.org/ permet de visiter virtuellement le site d’Auschwitz-Birkenau et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, c’est aussi un site internet http://www.fondationshoah.org qui recense des documents d’archives, des manifestations culturelles etc. liés à la Shoah.

Ils ne sont plus très nombreux ces survivants des camps de concentration et d’extermination, certains ont plus de 90 ans, mais ils sont là pour transcrire leur histoire à travers le témoignage de l’horreur qu’ils ont vécu, certains n’étaient que des enfants, ils portent encore les stigmates de leur déportation, ils ont mis des années à raconter.

« …N’oubliez pas que cela fut, non ne l’oubliez pas »  Primo Levi (Poème, 1947).

Frida & Paco

Dans la boutique fantastique

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Crédits images : Isabelle Meister & Médiathèque de Guebwiller

Salut jeune kid dynamique, ceci est un article pour toi ! Sais-tu que dans le cadre du festival international jeunesse Momix, un spectacle destiné aux enfants à partir de 4 ans aura lieu au Théâtre Municipal à Guebwiller ?

Il s’agit d’un spectacle alliant la musique, la poésie des objets et les marionnettes intitulé « Dans la boutique fantastique » et créé par Chine Curchod, Gaëtan Aubry & Muriel Imbach. Deux comédiens et neuf marionnettes t’inviteront à entrer dans la boutique, ils t’y présenteront Jules, un lapin blanc.

Jules mène une vie monotone et solitaire, reçoit un beau jour la visite d’une malicieuse petite fouine. En s’aventurant avec elle dans le grand monde, Jules découvre une drôle de boutique, un cabinet de curiosités fourmillant d’objets fantastiques et de créatures animées comme Madame Caritas et son joyeux tintamarre, Gourlitz le poisson de l’espace, la Chevalière épique, et bien d’autres encore. Des rencontres qui le ramèneront à son enfance et qui changeront à jamais son regard sur le monde…

Trois représentations auront lieu au Théâtre situé 51 rue des Chanoines à Guebwiller : mercredi 4 février à 14h15, samedi 7 février à 14h15, mercredi 11 février à 14h15. Le billet ne coûte que 6 €, dis à tes parents qu’ils peuvent réserver en ligne ici ou par téléphone au 03 89 62 21 82.

Chine Curchod et Gaëtan Aubry, les deux comédiens-marionnettistes sont en résidence d’artistes aux Dominicains de Haute-Alsace, ils ont imaginé et fabriqué des objets fantastiques. Certains sont utilisés dans le spectacle « Dans la boutique fantastique », d’autres sont exposés actuellement à la médiathèque de Guebwiller jusqu’au 11 février prochain.

Parmi ces objets exposés chez nous, un groupe de chouettes a pris son envol, elles se sont posées un peu partout en section jeunesse. Attention concours : amuse-toi à trouver le nombre de volatiles et tu pourras gagner une place gratuite pour assister au spectacle, le jour de ton choix (3 places à gagner au total). Vole vite à la médiathèque petit oiseau !

Paco a réalisé une interview de Chine Curchod et Gaëtan Aubry, si tu souhaites l’écouter ou la faire écouter à tes parents, c’est ci-dessous :

 

Il ne nous reste plus qu’à te souhaiter de gagner une place et comme disaient nos amis les Elmer Food Beat, le plastique c’est fantastique…

Des becs.

Frida & Paco

 

After littéraire #3

la soumission vivre vite un été

Crédit images : Flammarion, Albin Michel, Julliard

Pas évident de revenir faire les intéressants, m’enfin on a fait le choix de ne pas être sérieux ici, il n’y a pas donc nulle raison que ça change. On est tous « Charlie » jusqu’à ce que mort s’en suive (Dieu est grand, du coup on a moins peur) mais on est after littéraire aussi.

Vous vous dites, mais qu’est-ce donc que cette after littéraire ? Cela semble bien original, j’ai bien envie d’en savoir plus... Vous saurez apprécier l’invitation :

Entre chien et loup, sans empiéter sur votre soirée, venez partager convivialité et coups de coeurs littéraires.

Tentant non ? Sachez qu’il n’est point nécessaire d’être titulaire d’une agrégation de lettres classiques pour participer à ces débuts de soirée, pensez donc, le partage étant de rigueur, l’entrée est libre. Les after littéraires ont lieu un jeudi par mois de 18h15 à 19h15 et les dates pour le premier semestre 2015 sont déjà programmées (on est au taquet là). Les voici :

22 janvier
19 février
19 mars
16 avril
21 mai
18 juin

Pour l’instant, aucune thématique n’a été définie, l’idée est de mettre en place des rendez-vous mensuels basés sur les échanges autour de la lecture, parfois on se complique la vie… Mais bien entendu, si vous avez des envies particulières quant à une éventuelle mise en lumière d’un auteur, soyez fous, exprimez-vous !

L’entrée est libre. Pour les inscriptions par mail j.tschaen@ville-guebwiller.fr ou c.facchin@ville-guebwiller.fr

Enfin, notez qu’on a acheté quelques titres de la rentrée littéraire de janvier en version numérique sur tablette, Houellebecq le mal-aimé, Besson etc. Pour plus d’infos, venez sur place !

Des becs.

Frida & Paco

 

Lire et faire lire

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Crédit photos : Lire et faire lire & Médiathèque de Guebwiller

Cette année sera consacrée à la littérature et à la lecture, surtout au plaisir de partager ses lectures. On débute par une collaboration avec l’association Lire et faire lire qui initie un programme de développement du plaisir de la lecture et de la solidarité intergénérationnelle en direction des enfants fréquentant les écoles primaires et autres structures éducatives telles que les médiathèques. Du coup, pour nous ça a du sens.

Cette association réunit des lecteurs bénévoles de plus de 50 ans qui transmettent aux enfants le goût de la lecture en proposant des séances hebdomadaires de « lecture plaisir ».

La médiathèque organisera une réunion lundi 19 janvier à 14 heures avec les acteurs de « Lire et faire lire » et de la Ligue de l’Enseignement Fédération du Haut-Rhin pour présenter de manière plus approfondie le projet.

Si vous êtes un aîné, que vous avez un peu de temps et que vous avez envie de transmettre votre passion pour la lecture aux plus jeunes, cette réunion s’adresse à vous ! N’hésitez pas à nous contacter par téléphone au 03 89 74 84 82 ou par mail j.tschaen@ville-guebwiller.fr pour vous annoncer.

En vous remerciant.

Et surtout Bonne année 2015 avec tout c’qui va avec hein comme dirait l’autre !

samuel photo

Ceci est une création du jeune Samuel Spreyz, étudiant en design à Bruxelles. Avouez que ça en jette non ?

Des becs.

Frida & Paco

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