Il est temps de parler à nouveau littérature, bon sang de bois, avec les cinq cents et quelques titres qui paraissent chaque mois, ça serait malheureux qu’on ne puisse pas vous suggérer des lectures. Cette fois, ça sera deux romans, l’un paru l’an dernier (parce-qu’on a toujours un train de retard, bah oui, ne craignons pas d’être lent, seulement à l’arrêt), l’autre il y a quelques semaines.

une annee studieuse rien ne s'oppose à la nuit
Crédit image : Gallimard, JC Lattès

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan, Editions Jean-Claude Lattès, 2011

Delphine de Vigan s’était déjà fait remarquer grâce à son roman publié en 2007 « No et moi », récemment adapté au cinéma par Zabou Breitman. Le roman autobiographique est le genre dans lequel l’écrivain s’est déjà illustré dans « Jours sans faim » (2001) écrit sous un pseudonyme « Lou Delvig », elle y évoque son douloureux passé d’anorexique. La couverture de « Rien ne s’oppose à la nuit » (une phrase extraite de la sublime chanson de feu Bashung « Osez Joséphine ») représente une photographie de la mère de Delphine de Vigan qui, dans ce roman, raconte son histoire. Lucile, cette femme si belle à la personnalité torturée, qui vivra enfermée pendant plusieurs années dans une dépression, alternant des périodes de désespoirs et des moments de répit. Delphine de Vigan a recueilli des témoignages des membres de la famille pour accoucher d’un récit difficile mais très touchant, l’auteur parvient enfin à se délester d’un poids bien lourd à porter et à se rapprocher de Lucile, cette mère disparue quelques mois plus tôt, avec qui elle a eu tant de mal à communiquer durant son enfance/adolescence. Gros succès de librairie que ce « Rien ne s’oppose à la nuit » mais ô combien justifié.

Une année studieuse de Anne Wiazemski, Editions Gallimard, 2012

Et encore un roman autobiographique pour « Une année studieuse ». Anne Wiazemski est la petite fille de François Mauriac et du prince d’origine russe Yvan Wiazemski… Après lui avoir écrit une lettre dans laquelle elle y affiche son admiration, elle rencontre Jean-Luc Godard, le cinéaste de la Nouvelle Vague (de 17 ans son aîné). Ils entament alors une relation amoureuse durant l’été 1966. On parle d’une époque où la majorité était à 21 ans, Anne en a 19 et doit affronter l’hostilité de sa mère qui s’oppose à sa lisaison avec Godard. Anne Wiazemski, la jeune fille bien élevée, découvre l’amour et la liberté (deux ans avant mai 68), elle cotoie des célébrités telles que François Truffaut, Jeanne Moreau ou Daniel Cohn-Bendit, prend des cours de philosophie avec Francis Jeanson, entame des études de philosophie. On découvre dans ce récit un Godard drôle, passionné, étonnant qui l’initie à des lectures, l’emmène voir des films, ils se marient d’ailleurs en 1967. Pas banals ces deux là. On vient l’emprunter et on en parle autour de soi…

En cadeau, ben Osez Joséphine, le clip de Jean-Baptiste Mondino, évidemment de toute beauté.

A demain si vous le voulez bien. Des becs.

Frida & Paco