mad-men

Y’avait belle lurette qu’une série TV n’avait pas autant attiré notre attention, à vrai dire, depuis Six Feet Under, elles nous semblaient toutes assez insipides ces séries. Il y avait bien les femmes au foyer désespérées mais au bout de deux saisons, c’est bon, on s’était déjà lassés des déboires sentimentaux des Gaby et autres Suzan. Mais là, voilà qu’on apprend que le scénariste culte Matthew Steiner (Soprano, c’est pas rien) nous avait pondu une nouvelle série au nom intrigant de « Man Men ». Aussitôt vu, ben aussitôt dans le panier des commandes les piafs, vous nous connaissez maintenant. Comme tout bons bibliothécaires qui se respectent, on a voulu vérifier avant de mettre en rayon, ce que valaient ces mad men dont on nous avait tant vantés les mérites.

Vous pensez bien que si on prend le temps de s’y arrêter aujourd’hui, ce n’est pas pour rien. Donc Mad Men, ça se situe dans les années 60 (on s’est gourés hier, on vous avait dit les années 50) à New York. Le personnage principal, Don Harper (mazette, un charme inestimable ce garçon) travaille dans une agence de pub. La série décrit parfaitement la « surpuissance » de l’homme qui travaille dur pour gagner sa croûte pendant que sa femme l’attend à la maison, entourée de ces charmants enfants bien choupinous comme il faut. C’est un tantinet sexiste, certes, mais c’est l’époque qui voulait cela (enfin faut croire). Les femmes qui travaillent dans l’agence de pub sont toutes des secrétaires sublimes, féminines et élégantes avec leurs jupes à godets comme si elles sortaient tout droit d’un défilé « Céline », dévouées à leurs sacro-saint patrons, prêtes à satisfaire leurs moindres désirs (même que de temps en temps, elles se font une p’tite partie de jambes en l’air avec le boss pour le détendre l’animal, faut quand même pas qu’on vous fasse un dessin nan ?). C’est d’ailleurs assez rigolo de les voir faire du 120 mots/minute sur leurs Remington, alignées en rang d’oignon dans un open space alors que les mecs de la boîte se paient des superbes bureaux de 30 m2 (cherchez l’erreur, après on s’étonne qu’encore aujourd’hui il y ait des différences de salaires entre les hommes et les femmes). Les femmes à la maison (au foyer quoi), prenons celle de Don par exemple, ravissante blonde très « Grace Kelly », eh bien elle s’emmerde passablement dans sa grande maison cossue de la banlieue new-yorkaise, on la voit tantôt plantée devant son lavabo les mains tremblantes et les larmes aux yeux, tantôt avec sa copine enceinte jusqu’au cou (Amber dans Dr House, pour ceux qui connaissent la série) à bavasser bêtement sur la vie, leurs maris, tantôt en compagnie de son époux en dîner en ville (de temps en temps, il la sort le Don). On avoue que la représentation de la femme à cette époque nous a un peu dérangés… Sois bonasse ma blonde et boucle-la, pis arrête un peu de trembler des doigts, c’est pénible !

Prenons le cas des hommes, dites donc ils sont bougrement manipulateurs, prêts à se faire des coups bas à la moindre occasion, ils se baladent à longueur de temps (toujours dans le bureau de 30 m2) un verre de scotch ou d’alka seltzer à la main (forcément quand tu picoles, t’as mal à la tête alors un alka seltzer et c’est reparti comme en 14) et une clope au bec. On n’a jamais vu une série actuelle américaine dans laquelle ça fumait autant dites, hommes ou femmes (enceintes ou pas d’ailleurs), ça fume, le paradis de la Lucky Strike ce Mad Men ! Les hommes s’amusent comme des p’tits fous dans leur boite de pub à la quête perpétuelle du meilleur slogan publicitaire (réunions interminables arrosées de bloody mary). Le mâle très « Tom Ford » porte le trench et le costume trois pièces admirablement bien, il est classe, voilà c’est ça, classe. Parfois, quand il s’ennuie un peu, l’homme va retrouver sa maîtresse en ville, femme libérée elle et célibataire qui s’assume pas comme l’autre blonde qui tremble des doigts.

Mad Men, c’est la série qui a le souci du détail, une série esthétique, intelligente à déguster sans aucune modération, non aucune. Pour info, les deux premières saisons sont disponibles à la médiathèque, la troisième est diffusée actuellement sur Canal +, donc tu discutes pas, tu t’abonnes (qu’est-ce que tu veux qu’on te dise d’autre).

Et la bande-annonce de la saison 1 en anglais, c’est cadeau.

Demain, on vous présentera un nouveau blogo. Good night.

C & B