Il ne me semble pas avoir déjà évoqué ici notre goût prononcé pour la cuisine, si prononcé que le rayon « cuisine » de la médiathèque est très très bien fourni. Nous avons fait une sélection de quelques chouettes ouvrages qui vous donneront envie de sortir vos casseroles. Je vous préviens, ceci est totalement subjectif, n’y voyez aucune logique, il n’y en a pas, c’est décousu (si j’ose dire), on va passer du sucré au salé, de l’Occident au pays du soleil levant en passant par l’Afrique… Allez, on se lance !

confidences sucrées Confidences sucrées de Pierre Hermé & Julie Andrieu – Editions Agnès Viénot, 2007

Pierre Hermé, notre fierté alsacienne puisqu’originaire de Colmar, a été sacré meilleur pâtissier du monde et a ouvert des boutiques à Paris, aux Etats-Unis et au Japon. Julie Andrieu, journaliste culinaire produit et anime plusieurs émissions de cuisine à la télévision. Elle voyage dans le monde entier pour découvrir la cuisine des différents peuples.
Les deux se sont associés pour réaliser un ouvrage de recettes de desserts basiques pour certaines (millefeuille à la vanille ou charlotte aux fraises), plus originales pour d’autres (soupe de betterave, fraise et orange).
Chaque recette est précédée d’un dialogue entre Pierre et Julie dans lequel ils expliquent pourquoi ils ont choisi ce dessert, comment ils vont le réaliser, leurs impressions, doutes quant au dosage etc. Au total 100 recettes assez simples sont déclinées, elles sont bien détaillées et chacunes d’entre elles a droit à son illustration (c’est important et surtout ça donne envie de les réaliser). Alors mes oiseaux, j’ai testé le moelleux Chloé page 122, comment vous dire, pffff c’est un pur bonheur, l’alliage chocolat-framboises est extraordinaire !

cuisines de femmes Cuisines de femmes : 100 recettes du monde par Cécile Maslakian, photographies d’Isabelle Rozenbaum – Editions Minerva, 2003

Vingt femmes des cinq continents ont accepté de dévoiler leurs recettes. Et croyez-moi qu’avec ce livre, vous allez voyager d’Espagne en Arménie, vous passerez par les Etats-Unis et vous arrêterez au Sénégal. Certaines recettes sont connues (hoummous libanais ou sushi du Japon) mais d’autres vous surprendront vraiment (pastels du Sénégal ou alfajores du Chili).
En préambule, chaque cuisinière présente son pays, sa manière de cuisiner et ses habitudes culinaires. Le livre est également très bien illustré de superbes photographies (à chaque photo, sa recette) et les recettes sont clairement expliquées. J’ai testé les pastels du Sénégal, ce sont des beignets à la viande ou au thon et c’était très bon dites-donc !
une japonaise à paris Une japonaise à Paris de Kaori Endo, photographies de Iris L. Sullivan – Editions Minerva, 2008

Elle, c’est un peu ma petite préférée ! Elle anime une émission sur cuisine TV « Ma cuisine japonaise ». Voilà qu’elle se décide enfin à écrire son livre. En préambule, les ingrédients indispensables qu’il convient d’avoir dans son placard et son frigo, en tout cas si on veut cuisiner japonais. Si vous lisez des mangas, vous ne serez pas impressionnés par les intitulés familiers des ingrédients (miso, su, saké, wasabi), que les autres se rassurent, on les trouve maintenant très facilement dans des épiceries asiatiques.
Kaori Endo dit que « …rien n’est compliqué dans la cuisine japonaise. Elle est juste différente. C’est-à-dire qu’il vous faudra souvent oublier vos habitudes, être réceptif et humble, pour en apprendre l’abc… ».
Je n’aurais jamais imaginé qu’on m’expliquerait un jour comment cuire du riz, pourtant, en lisant la recette, j’ai réalisé qu’à la japonaise, c’était bien différent. La recette du riz, c’est une page, il faut affûter, tourner, frotter etc.
Le livre est bien illustré, les photos sont  « brutes », on y voit les miettes de pain sur la table rustique, les poissons brillent, Kaori fait son marché…

au nom du père Au nom du père d’Anne-Sophie Pic, textes de Jean-François Mesplède, photographies de Philippe Schaff, illustrations de Alain Vavro – Editions Glénat, 2004

Est-ce qu’il faut que je vous présente Anne-Sophie Pic ? Elle est l’une des rares femmes en France à avoir obtenu trois étoiles au guide Michelin. La particularité d’Anne-Sophie est qu’elle est autodidacte, en effet, c’est lorsque son père, célèbre cuisinier d’un restaurant trois étoiles, décède subitement qu’elle reprend l’affaire familiale. Elle a dû se battre pour s’imposer à la tête de l’entreprise qui, entre temps est rétrogradé au rang des deux étoiles. Et c’est à la force du poignet qu’elle récupère cette étoile perdue en 2007 et est élue « chef de l’année » parmi les 8 000 chefs répertoriés dans le guide Michelin.
Ce livre est un hommage à son père, Jacques Pic. Plusieurs de ses recettes y sont d’ailleurs présentées. C’est raffiné, le stylisme des photographies est très travaillé et les recettes s’adressent aux cuisiniers chevronnés. En voici quelques exemples : L’iode en quatre déclinaisons, L’oeuf en inversion aux truffes de raison, L’ormeau de la baie de Morlaix cuit lentement au condrieu et kombu, en carpaccio etc.
Rien que du rêve…

easy marx Easy Marx par Thierry Marx – Editions Minerva, 2007

Thierry Marx, c’est un peu notre Ferran Adria (j’en parle plus bas), l’adepte de la cuisine moléculaire. Dans ce livre, point de petites billes à l’azote ni d’Hervé This à l’horizon. Que du basique, 500 recettes, de l’entrée au dessert, de la frite à la douceur de Proust. Elles sont présentées comme dans un cahier, numérotées, les aliments sont posés à même une table vitrée, impression de légèreté, de dépouillement. C’est l’aliment et lui uniquement qui est mis en scène, inutile de s’encombrer de vaisselle, elle est simplement suggérée… Bref, une encyclopédie de la cuisine, une bible ! Si j’ai testé des recettes ? Ben oui, la divine madeleine… Fastoche !

hélène darroze Personne ne me volera ce que j’ai dansé d’Hélène Darroze, photographies de Jérôme Delafosse, stylisme de Coco Jobard – Editions le Cherche Midi, 2005

Hélène Darroze, c’est l’autre star féminine de la gastronomie française. Elle est la landaise aux deux étoiles Michelin pour son restaurant situé à Saint-Germain-des-Prés. Très créative et ambitieuse, Hélène Darroze a été appelée par l’auberge Le Connaugh, institution londonienne, pour prendre les commandes de la cuisine.
Dans ce livre, Hélène parle de sensations, d’ingrédients, de personnes qu’elle décrit subtilement avan
t de proposer une recette. Vous risquez d’être surpris à la lecture des recettes, Hélène Darroze s’adresse directement au lecteur, exemple : « Il faut que tu pèles 1 kilo de tompinambours. Porte à frémissement 1/2 litre de lait… ». Le ton est donné ! Les photographies sont somptueuses, tantôt un ingrédient est mis en image, tantôt une recette achevée. Des gros plans sur des émulsions ou des truffes, des sculptures de desserts, c’est vraiment superbe. Ouf, le carnet de recettes est glissé dans le livre et là rien à voir avec les explications citées ci-dessus, c’est plus classique et on peut le retirer du livre afin d’éviter de le salir lors de la réalisation des mets.
Bien entendu, les recettes sont assez compliquées mais pas irréalisables… Un usager de la médiathèque nous racontait dernièrement qu’il avait testé la recette du poulet des landes fourré de coquillettes au foie gras et rôti au four, jus gras, et que c’était une réussite !

el bulli 2003 El Bulli 2003, El Bulli 2004 par Ferran Adria, Juli Soler, Albert Adria – Editions RBO Libros, 2005

Là on est dans le livre d’art, le catalogue d’exposition. Ferran Adria, on ne le présente plus, c’est le chef expérimental, le chef de la cuisine moléculaire. Il possède un restaurant El Bulli situé près de Roses en Espagne (Costa Brava) qui n’est ouvert que six mois par an. Il reçoit chaque année 2 millions de demandes du monde entier et ne peut qu’accueillir 8000 personnes. C’est lui qui a inventé des nouvelles techniques telles que l’utilisation de l’azote liquide. Bien sûr, son restaurant possède trois étoiles au guide Michelin et Ferran Adria est considéré comme l’un des meilleurs chefs du monde. Chez lui, rien de classique, ça fume, ça pétille, ça mousse, c’est acéré, c’est dément ! Dans son livre, qui en fait est présenté comme une collection de vêtements, simplement de très belles photographies, des intitulés de recettes, quelques explications sur les dites recettes mais c’est si compliqué qu’on ne peut pas envisager les reproduire… Diluer l’alginate dans l’eau pour préparer une base, verser le contenu du bol dans la solution de chlorure de calcium de façon à obtenir une forme semblable à celle d’un oeuf poché, extraire délicatement l’oeuf sphérique…
Un livre exceptionnel, exceptionnellement cher également (212 €).

Ah on vous gâte, on vous gâte ! Bonne soirée…

Caroline.

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