john cassavetes Photo © http://www.siffblog.com

Il me semble vous avoir promis un jour de vous parler de John Cassavetes, ce brillant réalisateur américain disparu en 1989. Cinéaste indépendant, John Cassavetes est surtout connu pour son style très particulier (techniquement parlant, j’y reviendrai un peu plus tard) et son attachement à mettre en lumière les acteurs. Il démarre sa carrière dans la  réalisation en 1958 avec un film basé sur l’improvisation « Shadows » sur le thème de la discrimination raciale. La bande originale est signée par Charles Mingus, inutile de préciser que ce film est un pur bijou (la plupart des films de Cassavetes le sont d’ailleurs). Fort du succès remporté par « Shadows », John Cassavetes travaille pendant un temps pour la Paramount avec qui il réalise plusieurs longs métrages mais il retourne rapidement vers ses premières amours, le cinéma indépendant. La particularité de Cassavetes est qu’il porte beaucoup d’attention à ses acteurs, il tourne « en famille » avec femme & amis, dans sa maison, caméra à l’épaule et avec spontanéité. En effet, souvent les acteurs ignorent qu’ils sont filmés, la caméra tourne jusqu’à la fin de la pellicule, ce qui donne une ambiance imprégnée de réalisme et des scènes sublimissimes.

Plusieurs acteurs ont débuté leur carrière avec John Cassavetes, Peter Falk, qui ne s’est pas uniquement contenté d’être le lieutenant Columbo dans la série du même nom, en fait partie et il voue une admiration sans borne au cinéaste. Il faut dire que Peter Falk est un excellent acteur que l’on voit peu au cinéma, d’ailleurs Wim Wenders ne s’est pas trompé car il lui a offert un très beau rôle dans son film « Les ailes du désir ». Bref, revenons-en à nos moutons… Le film de Cassavetes sur lequel je choisis de parler aujourd’hui est « Une femme sous influence », tourné en 1975.

une femme sous influence
Image : Une femme sous influence, John Cassavetes, Gena Rowland
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Il y a donc une femme Mabel (Gena Rowlands), son mari Nick (Peter Falk) et leurs enfants. Nick, chef de chantier est submergé de travail et ne peut donc pas rentrer à la maison pour la nuit. Mabel déprimée confie les enfants à sa mère, sort dans un bar, se soûle et ramène un homme chez elle. Lorsque Nick rentre à la maison le lendemain accompagné de son équipe d’ouvrier, une scène de ménage éclate. Mabel sombre peu à peu dans une profonde dépression frisant la folie. Et c’est là que la performance d’acteur est tout à fait exceptionnelle, Gena Rowlands s’immisce complètement dans le personnage et passe en l’espace d’une minute d’un état (à peu près) normal à l’hystérie. Oui Gena Rowlands est lumineuse, oui Gena Rowlands est la plus grande actrice que le cinéma ait jamais connu (ça c’est totalement subjectif). Evidemment, Peter Falk est également très bon mais il est évident que John Cassavetes a centré son film sur la femme et ses états d’âme. Finalement, on finit par focaliser sur sa souffrance et les autres protagonistes passent au second plan. Hormis les deux dernières séquences qui racontent le retour de Mabel après plusieurs mois d’hospitalisation en psychiatrie, l’histoire d’une femme sous influence se déroule sur une courte période d’à peine 24 heures.

Vous l’aurez compris, je vous invite vivement à venir à la médiathèque emprunter ce chef d’oeuvre et les autres films de Cassavetes d’ailleurs (filmographie consultable sur notre catalogue en ligne). Voici un extrait d’une femme sous influence…


Bon week-end mes oiseaux.

Caroline

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