enfants noir et blanc Photo © Helen Levitt/courtesy Laurence Miller Gallery, courtoisie de la Fondation HCB

Le pari par Fiona APOLINARIO, Raphael WELKER, Estelle BARTHLY & Marie-Eva HUMBERT de la classe de 4ème2 du collège Mathias Grünewald à Guebwiller

Par une belle journée de soleil, dans une petite cour de récréation, une bande de trois gamins se disputaient au sujet des filles. Ces mêmes filles ricanaient derrière eux, en les écoutant. Chaque garçon se décrivait pour savoir qui était le plus fort. Le premier dit :
– Moi je suis si rapide que je suis le roi des chasseurs de lézard !
Le deuxième dit :
– Moi je suis si fort que je peux porter des gros sacs de bois !
Le troisième, Nicolas, restait muet. Les deux garçons le regardèrent en attendant d’entendre ce qu’il était capable de faire.
– Et toi, qu’est-ce que tu es capable de faire ? Lui demandèrent les deux petits garçons en le fixant.
Le p’tit bonhomme leur dit brusquement :
– Moi je suis si rusé que…
– Alors ? Qu’est-ce que tu peux faire ?
– Je suis si rusé que je peux voler des bouteilles au vieux bonhomme, Jack Grognon, sans me faire prendre !
Les gamins se turent ainsi que les filles, qui frissonnaient en entendant ce nom… Le vieux Jack était un centenaire du village, qui travaillait encore dans sa boutique d’alcool. Personne n’avait encore réussi à le cambrioler.
– Prouve-le ! Dit le deuxième garçon. Demain, à 19 heures devant la boutique du vieux Jack ! Si tu ne viens pas, tu ne seras qu’un traître !
Nicolas fit « oui » de la tête et partit.
Ce qu’il cachait à ses copains, c’était que le vieux Jack Grognon n’était autre que son arrière grand-père. Il arriva chez lui, où toute sa famille était réunie autour de la table, chacun à son occupation : la mère tricotait des habits, le père lisait son journal, la grand-mère préparait un gâteau, sa soeur se faisait les ongles, et il ne restait plus que son arrière grand-père qui… lui… dormait. Nicolas se posta devant le vieux papi.
Il le réveilla de sa petite main et lui demanda :
– Papi, est-ce que je pourrais avoir, deux bouteilles de ton bon vin ?
– Te saouler à cet âge n’est pas très raisonnable… Lui dit-il.
Jack se leva, prit deux bouteilles vides dans le placard et les remplit d’eau, puis lui dit :
– Voilà deux bouteilles remplies d’eau, demain, elles seront dans ma boutique posées au fond. File mon p’tit piot !

Le lendemain, le petit garçon se présenta devant la boutique, prêt à prendre les deux bouteilles ! Ils étaient tous devant le magasin, même les filles. L’une d’elles donna le départ, et le petit Nicolas fila discrètement dans la boutique. Comme l’avait dit son arrière grand-père, les bouteilles de vins (d’eau) se trouvaient au fond de la boutique. Il prit les bouteilles et sortit à toute vitesse. Jack fit semblant de l’ignorer derrière son vieux journal. Quand Nicolas sortit de la boutique, il était tout fier, la tête haute, et narguait ses copains en passant devant eux, et les filles se ruèrent sur lui en l’embrassant.

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