fugitifs LES FUGITIFS d’Erhan CIHAN, Mégane JELSPERGER, Mégane KALLFASS, Morgane SCHMITT du collège Mathias Grünewald de Guebwiller

J’aimerais être un lapin, dans ma cage à la ferme. Bon d’accord, c’est l’hiver, il fait froid, mais mon maître nous a rentrés moi, Erhan et mes deux autres amis, Mégane et Pierre : Mégane est ma campagne et Pierre, le p’tit dernier, on ne sait pas d’où il vient.

Ca y est ! C’est enfin le printemps ! c’est si beau, comme j’aimerais partir… dans cette nature dont je connais si peu de détails, explorer ce monde qui m’est encore inconnu.
Dans quelques jours je partirai, avant l’arrivée de l’hiver.
Je suggère l’idée à ma compagne, elle accepte avec grande joie. Nous attendons avec impatience la tombée de la nuit pour nous échapper.
La nuit tombe, et je m’empresse de baisser le loquet puis je saute, et je déverrouille la porte où se trouve ma compagne (et le p’tit nouveau). Je lui dis :
– Vite, dépêche-toi avant que le fermier nous voie.
– D’accord, mais le p’tit nouveau, on va quand même pas le laisser seul.
– Si ! Allez, maintenant on y va, si le fermier nous voit, il va nous rentrer et nous ne pourrons plus jamais voir la grande nature.
– Bon j’arrive. Dit-elle en courant, le regard remplit de joie de voir la nature et de tristesse de devoir ainsi abandonner à son sort un si petit lapereau.

Ainsi nous nous enfuyons. Fatigués de courir, bondir, et rebondir à travers ce champ qui paraît interminable, nous nous assoupissons.

L’été arrive déjà, nous avons eu trois lapereaux et avons trouvé un logis dans un arbre creux et avons d’ailleurs pour voisin un écureuil casse-pied. Il s’appelle David (enfin je crois).

C’est presque l’hiver.

Ce matin en me levant, je hisse ma tête dehors, plus rien, juste des feuilles givrées, aucun signe de vie. Je ne comprends pas. Pas de voisin qui râle, pas de bruits d’oiseaux, aucun animal. Que se passe-t-il ? Je n’en ai aucune idée. Je réveille donc Mégane et les enfants. Eux non plus ne savent pas ce qui se passe.
– Ne bougez pas, je vais voir. Dis-je.
– Ne va pas trop loin, j’ai un mauvais pressentiment, l’autre jour quelqu’un m’a dit que ça s’appelait… euh… ah ! Oui !


PAN !

Mégane n’a même pas eu le temps de terminer sa phrase que je me retrouve à terre. Dans un premier temps, aucune réaction puis des cris et des larmes et la fuite, la peur prend le dessus et Mégane part en courant, tête baissée, sans même réfléchir, laissant les enfants dans le terrier. Elle court, court quand soudain VLAN ! Sa course folle s’arrête. Nette. Ses deux pattes arrières se coincent dans un piège. Paniquée au-delà du possible, elle rend son dernier souffle.
Les lapereaux, laissés seuls dans le terrier, ne sachant que faire, se blottissent les uns contre les autres et se cachent dans le tas de feuilles mortes qui leur sert de couette. Un des chasseurs jette un oeil dans le creux de l’arbre, ne voyant rien, il part, rappelant ses chiens.

Quant à Pierre, l’été suivant, il est servi en civet au fermier et à sa femme.

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