Emmanuel Carrre Emmanuel Carrère – Crédit photo : John FOLEY/Opale

Il est de ces livres qui vous laissent pantois, qui vous hantent au point que vous pensez à certains de leurs passages plusieurs mois encore après les avoir lus. Il est de ces livres qui feront partie sans aucun doute des dix livres qui vous auront marqués « au fer rouge » et que vous offrirez et offrirez encore à des amis chers. Il est de ces livres que vous avez choisis, vous ne savez pas pourquoi, sûrement pas par hasard car le hasard n’existe pas. Il est de ces livres qui auront changé votre vie, vous en êtes certains.

La lecture du récit d’Emmanuel Carrère, d’autres vies que la mienne, vient de me procurer une émotion particulièrement intense. L’histoire débute au Sri Lanka en 2004, où l’écrivain passe des vacances avec sa compagne Hélène. Puis le Tsunami ravage l’île et emporte Juliette, la petite fille d’un couple rencontré quelques jours auparavant. De retour à Paris, une autre Juliette, la soeur d’Hélène meurt d’un cancer. Cette soeur si douce, mère de famille, laisse un mari désemparé, un ami (juge de profession comme elle) et deux petites filles.
Quelqu’un souffle alors à Emmanuel Carrère, l’idée d’écrire un livre sur ces vies, celles de Juliette, de Patrice, d’Etienne, de Diane, d’Emilie ou encore de Clara. Le récit d’une amitié entre deux juges, Etienne et Juliette, victimes d’une maladie qui les a laissés boiteux tous les deux, le récit d’un mari qui assiste à l’agonie de sa femme et qui prépare ses trois filles au départ de leur maman, le récit de personnes endeuillées… L’auteur souligne bien qu’il est surtout question d’amour et que tout est vrai dans ce roman. Oui Emmanuel Carrère écrit les autres avec beaucoup de pudeur et une extrême justesse. Ce livre est d’une incommensurable beauté et d’une incroyable sérénité. Je vous assure que c’est ce que vous ressentirez lorsque vous en achèverez sa lecture, l’impression d’avoir frôlé la sérénité.

d'autres vies

Caroline

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