joann sfar Joann Sfar en est déjà au 8ème volume de ses fameux carnets. Ce dessinateur et scénariste de bandes dessinées, auteur du brillant « Chat du Rabbin », croque depuis plusieurs années des tranches de vie entre sa femme, ses enfants, ses voyages…
Son « coup de crayon » qui peut paraître  assez désinvolte est au contraire très chiadé et on comprend vite à la lecture de ses textes très riches en réflexions philosophiques qu’on a affaire à un érudit.

maharajahDans « Maharajah », Joann Sfar consacre une grande partie du livre à ses enfants et leurs interrogations, souvent très drôles, sur l’essence de la vie. Dans la seconde partie, « les Indes » (comme il aime si bien le dire) est à l’honneur puisque Sfar raconte le voyage qu’il a fait dans ce pays en compagnie de sa femme. Il nous livre ses impressions sur l’Inde et ses habitants, leur culture, leur religion, la conjoncture économique & politique du pays. C’est fin et drôle.

Je ne résiste pas à l’envie de vous citer une réflexion de Joann Sfar sur son travail de dessinateur :
« Je dessine doucement : l’erreur comme des gens qui apprécient mon travail et de ceux qui ne l’aiment pas consiste à croire que je dessine vite. Je m’en aperçois à chaque fois qu’un dessinateur ou un ami me voit travailler sur un album : « Oh, mais en fait, tu dessines très lentement. » J’ai entendu cette exclamation tellement souvent, comme si c’était le grand secret : « En fait, Joann Sfar dessine doucement ». Pourtant je n’ai jamais fait de mystère, mais les gens ont besoin de me voir dessiner pour y croire. Tout d’abord parce que je publie beaucoup de livres donc ils pensent forcément que c’est vite dessiné. Ensuite parce que lorsque je dédicace mes albums je dessine à toute vitesse, mais une dédicace, ça n’est pas mon travail. Pour finir, je crois que lorsque j’explique qu’il n’est pas nécessaire de faire des crayonnés les gens croient que ça signifie que je sabre mes images. La réalité, c’est que ma plume avance doucement sur le papier. Je la fais boire à l’encrier plus souvent qu’on mon tour et je dessine calmement. Le bruit régulier, sans rythme, de la plume sur le papier, c’est comme les gestes du taï chi : sans rythme apparent. L’anti-karaté. Le contraire du gestuel. Certains réfléchissent longtemps avant de dessiner tout vite, moi pas. Moi, je dessine lentement tout le temps. Vraiment lentement. Vraiment tout le temps. »

Préparatifs de Joann Sfar
envoyé par LEXPRESS

Je vous invite à venir à la médiathèque afin de découvrir (si vous n’en avez jamais lu) les excellentes bandes dessinées de Joann Sfar (voir notre catalogue en ligne pour le détail des titres http://www.ville-guebwiller.fr/mediatheque)

Caroline Facchin

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