Comme chaque année, la rentrée littéraire est très attendue par les lecteurs de la médiathèque. La production étant très importante, puisque 676 romans ont paru fin août, nous avons effectué une sélection de titres que nous vous invitons à découvrir…

yasmina khadra
Ce que je jour doit à la nuit de Yasmina Khadra – Ed. Julliard

Des années 1930 à aujourd’hui, l’itinéraire chaotique de Jonas, un garçon algérien marqué dans l’enfance par une tragédie familiale. Un roman sur l’Algérie coloniale et la dislocation entre deux communautés amoureuses d’un même pays.

amélie nothomb
Le fait du prince d’Amélie Nothomb, Ed. Albin Michel

Un homme vole l’identité d’un inconnu. ‘Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne où tout homme est un aristocrate.

eliette abecassis
Mère et fille, un roman d’Eliette Abécassis, Ed. Albin Michel

« Personne ne te rendra plus heureuse que moi, puisque c’est moi qui t’ai faite. Personne ne te comprend comme moi puisque tu viens de moi, puisque tu es moi. »
Deux personnalités du monde de la mode, mère et fille. Une histoire d’amour, de possession, d’admiration et d’émancipation. Où la séduction, le désir sont le fil conducteur de la relation, la féminité un héritage.
À travers le destin de deux femmes et le lien si particulier qui les unit, Éliette Abécassis, l’auteur d’ « Un heureux événement » interroge dans ce texte à la fois pudique et dérangeant le rapport mère-fille, la maternité, la transmission.

alice ferney
Paradis conjugal d’Alice Ferney, Ed. Albin Michel

Pourquoi perd-on l’amour de sa vie ? Pourquoi le doute l’a-t-il si souvent habité ? Quels regrets, quels remords en conçoivent les amants ? Où mène le lien amoureux ?
Dans une famille dont le mari s’est absenté, une femme et ses enfants, attendant son retour incertain, regardent un film, « Chaînes conjugales », qui met en scène ces énigmes. La vie et la fiction se répondent. Dans un face à face avec les personnages du film, ceux du roman partagent aventures et mésaventures sentimentales.
« Paradis conjugal » réunit le cinéma, la littérature et la vie, et Alice Ferney dans ce nouveau roman poursuit son exploration du sentiment amoureux avec acuité et une sensibilité singulière.

valentine goby
Qui touche à mon corps je le tue de Valentine Goby, Ed. Gallimard

Marie G., faiseuse d’anges, dans sa cellule, condamnée à mort, l’une des dernières femmes guillotinées. Lucie L., femme avortée, dans l’obscurité de sa chambre.
Henri D., exécuteur des hautes oeuvres, dans l’attente du jour qui se lève. De l’aube à l’aube, trois corps en lutte pour la lumière, à la frontière de la vie et de la mort.

véronique olmi
La promenade des russes de Véronique Olmi, Ed. Grasset

L’héroïne de ce roman est une très jeune fille, Sonia, qui vit à Nice avec sa grand-mère russe. Comme toutes les  » babouchkas  » de la Côte d’Azur (lieu d’exil favori des Russes blancs après la Révolution d’octobre), celle-ci se partage entre samovars, rêveries et nostalgie du  » paradis perdu « . De fait, la petite Sonia ne sait pas vraiment à quel monde elle appartient : celui de sa réalité quotidienne, avec une mer trop bleue et les commerçants de la vieille ville ? Ou celui de ses songes, orchestrés par sa babouchka, avec ses neiges étincelantes et ses fastes tsaristes ? Prudente, elle s’est donc réfugiée dans un imaginaire très personnalisé où l’on retrouve les héroïnes romanesques de Daphné du Maurier et le  » Mystère Anastasia  » – cette jeune princesse qui, dit-on, échappa au massacre de la famille impériale…
On suit ainsi son éducation sentimentale et morale entre deux mondes distincts. Il y a là le pittoresque du midi et le tourment slave ; des odeurs mêlées d’ail et de thé ; des douleurs causées par une mère absente et des remèdes imaginés par une grand-mère qui, pour survivre, adore (se) mentir à elle-même et aux autres…
Roman de ton, d’atmosphère et de sensation, variation sur le thème de la vérité, de l’histoire, des sentiments, La promenade des Russes est porté avec grâce par la prose ironique et douce de Véronique Olmi qui ruse habilement avec sa propre biographie.

fatou diome
Inassouvies, nos vies de Fatou Diome, Ed. Flammarion

Betty passe son temps à observer l’immeuble d’en face.
Son attention se focalise sur une vieille dame ; à son air joyeux, elle la baptise Félicité et se prend d’affection pour elle.
Lorsque Félicité est envoyée contre son gré dans une maison de retraite, Betty remue ciel et terre pour la retrouver.
Une véritable amitié va les lier.
Une nouvelle va plonger Félicité dans le mutisme. Impuissante, Betty prend du recul et part quelques jours. À son retour, Félicité n’est plus.
Betty sombre dans la mélancolie. Une rencontre la sort du spleen : l’Ami, qu’elle va aimer comme on aime un homme qu’on ne touchera jamais, car le voir suffit. Mais la vie fait ses trous de dentelle ; au vide de trop, c’est le déclic : Betty largue les amarres, disparaît, on ne sait où. Chez elle, seule la musique, la kora, répond aux questions : inassouvie, la vie, puisqu’il y a toujours un vide à combler.

tristan garcia
La meilleure part des hommes de Tristan Garcia, Ed. Gallimard

Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d’émancipation de l’homosexualité en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. L’un et l’autre s’aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice et de son amant, intellectuel médiatique, qui passent plus ou moins consciemment à côté de leur époque. Nous assistons avec eux au spectacle d’une haine radicale et absolue entre deux individus, mais aussi à la naissance, joyeuse, et à la fin, malade, d’une période décisive dans l’histoire de la sexualité et de la politique en Occident.
Ce conte moral n’est pas une autofiction. C’est l’histoire, que je n’ai pas vécue, d’une communauté et d’une génération déchirées par le Sida, dans des quartiers où je n’ai jamais habité.
C’est le récit fidèle de la plupart des trahisons possibles de notre existence, le portrait de la pire part des hommes et — en négatif — de la meilleure.

jean-paul enthoven
Ce que nous avons eu de meilleur de Jean-Paul Enthoven, Ed. Grasset

Peut-on, comme Josué, arrêter la course du soleil ? Les morts sont-ils encore jaloux ? Pourquoi Marlon Brando écrivait-il des cartes postales qu’il n’envoyait à personne ? En quelle circonstance un débauché peut-il s’abandonner au fanatisme religieux ? Quels rapports y a-t-il entre Churchill, Alain Delon et un jeune berbère qui voudrait apprendre à nager ? Qui a inventé le monothéisme amoureux ? Et à quel instant, au juste, franchit-on la ligne de démarcation qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ? Telles sont, entre beaucoup d’autres, quelques unes des questions que se posent les héros de ce roman dont l’intrigue éclatée va et vient autour d’un lieu unique : le Palais de la Zahia (ce mot, en arabe, désigne la joie), situé quelque part, au sud, près d’un désert…
Dans ce Palais – splendide, nécrosé, envahi par la végétation et les souvenirs – quelques amis, plutôt bien traités par l’existence, ont pris l’habitude de se retrouver dans une ambiance rieuse. Il y a là, parmi des créatures sexuellement très diversifiées, deux amis : un narrateur (très influencé par les livres de Stendhal et les films de Maurice Ronet ) et un certain Lewis, riche, célèbre, philosophe et épris d’Irène, son épouse rêveuse. Est-il nécessaire d’en dire davantage ?

catherine cusset
Un brillant avenir de Catherine Cusset, Ed. Gallimard

Elena, une jeune Roumaine née en Bessarabie et ballottée par l’Histoire, rencontre à un bal en 1958 un homme dont elle tombe passionnément amoureuse. Il est juif, et ses parents s’opposent au mariage. Elena finit par épouser Jacob et par réaliser son rêve : quitter la Roumanie communiste et antisémite de Ceauescu. Émigrer aux États-Unis. Elle devient américaine, et se fait appeler Helen. Elle a rompu avec le passé, mais l’avenir n’est plus un rêve. Helen est maintenant confrontée à une réalité qui lui échappe : la maladie et la dépression de son mari ; l’indépendance de ce fils à qui elle a tout sacrifié, et qui épouse une Française malgré l’opposition de ses parents. Cette jeune femme égoïste, arrogante, imbue d’un sentiment de supériorité presque national, Helen ne l’aime pas. Cette belle-mère dont le silence recèle une hostilité croissante, Marie en a peur. Pourtant, entre ces deux femmes que tout oppose – leur origine, leurs valeurs et leur attachement au même homme –, quelque chose grandit qui ressemble à de l’amour.

jc grange
Miserere de Jean-Christophe Grangé, Ed. Albin Michel

Etrange assassinat d’un chef de chorale d’origine chilienne dans l’église arménienne de Paris. Disparitions de plusieurs enfants de chœur. Série de meurtres opérée selon un protocole macabre : perforation inexplicable des tympans, inscriptions tirées du « Miserere » d’Allegri, mystérieuses traces de pas autour des cadavres : pointure 36… Pour mener l’enquête, deux flics « border line » comme les aime Grangé : Kasdan, le vieux briscard à la retraite, et Volo le toxico, beau comme une rock star. Origines arménienne et russe. Deux hommes intelligents, acharnés, hantés par leur passé. Du pur Grangé, complexe, tourmenté, baroque. Un de ses meilleurs thrillers, peut-être le plus inquiétant, qui mêle enfance, torture (des bourreaux nazis aux bourreaux chiliens), expérimentations scientifiques ultimes et musique…

laurent gaudé
La porte des enfers de Laurent Gaudé, Ed. Actes Sud

Dans une ville de Naples miséreuse, Laurent Gaudé nous donne à voir les effets destructeurs de la mort d’un enfant, Pippo, pris par hasard dans une fusillade, et dont sa famille ne se remettra pas. Au-delà, le lauréat du Goncourt 2004 s’interroge sur la frontière si tenue entre le monde des vivants et celui des ombres. Une plongée dans ce que l’humain a de plus sombre mais aussi de plus essentiel.

jean-paul dubois
Les accommodements raisonnables de Jean-Paul Dubois, Ed. de l’Olivier

Jean-Paul Dubois retrouve le souffle romanesque d’ Une Vie française dans ce livre qui devrait enthousiasmer ses fans. Aucun des « fondamentaux » ne manque à l’appel : Toulouse, un anti-héros (Paul Stern) et son épouse (Anna), un père encombrant, l’actuel président de la République, l’Amérique, les bateaux, les petits-enfants, etc. Cette fois, Jean-Paul Dubois nous conduit à Hollywood. Paul doit y réécrire le scénario d’un film dont il est l’auteur, pour le compte d’un producteur qui prétend en tirer un remake. En réalité, Paul est parti pour oublier la maladie de sa femme, en dépression profonde, le remariage scandaleux de son père et, de manière plus générale, son échec personnel. Embauché par la Paramount, il découvre un autre univers où le sexe, l’argent, la drogue, la célébrité, mais aussi le désespoir occupent une place centrale. Et puis, il rencontre Selma Chantz, employée comme lui par la Paramount. Et sa vie bascule. Car Selma est le double parfait d’Anna, avec trente ans de moins…Une femme fascinante et dangereuse. Après un détour par le comique ( Monsieur Tanner) et l’inquiétante étrangeté ( Hommes entre eux ), Jean-Paul Dubois a écrit le grand roman que nous attendions. Tragique et drôle, jetant sur son époque un regard lucide, ce livre de la maturité garde néanmoins le charme des héros de Jean-Paul Dubois, éternels adolescents écartelés entre leur amour de la vie et leur sens aigu de la culpabilité.

claire castillon
Dessous, c’est l’enfer de Claire Castillon, Ed. Fayard

«Experte en contes cruels» selon Le Monde des livres, Claire Castillon ouvre la «boîte noire» des relations humaines selon Le Figaro littéraire. Très remarquée dès son premier roman – Le grenier, paru chez Anne Carrière en 2000 -, elle n’a cessé depuis d’élargir son public en France comme à l’étranger. Dans Dessous, c’est l’enfer, c’est de folie qu’il s’agit. Non pas la folie diagnostiquée, mais celle qui semble s’accommoder discrètement de la vie normale, tout en vous brûlant à petit feu. Une femme écrivain observe son fiancé en silence. Elle tâche de le respecter. Sa soeur, sa mère et sa grand-mère le lui ont dit : l’amour qu’une femme doit à un homme commence avec le respect et finit avec la soumission. Mais le regard de l’écrivain est implacable. A ses yeux qui scrutent et épient, le fiancé n’a bientôt plus de corps, mais seulement des parties, des humeurs, des couleurs, des odeurs. Et comme elle dissèque mentalement sa carcasse, elle morcelle également son langage. Elle s’arrête sur ses balbutiements, s’attarde sur sa grammaire ou sa prononciation, son ridicule. Son esprit focalisé malgré lui sur tel détail rédhibitoire, elle ne voit plus l’homme. Alors elle le quitte. Pour un autre aperçu dans un café. Mais bien sûr elle emporte avec elle ce regard chirurgical qui la constitue, et auquel ce nouvel amant ne résistera guère mieux. Ici chaque scène du présent renvoie à des souvenirs familiaux lourds, les mollesses du père se mêlent au grotesque du fiancé, les voix de femmes de trois générations se confondent, dans la transmission maladive de l’incapacité d’aimer. Dessous, c’est l’enfer est également une mise en abyme du style de Claire Castillon, de son obsession glaciale à tout noter, tout retenir, tout ausculter, quitte à tout détruire.

état des lieux
L’état des lieux de Richard Ford, Ed. de l’Olivier

Automne 2000, New Jersey. Tandis que Thanksgiving – épreuve redoutable pour les familles recomposées – approche, et que l’élection présidentielle se profile à l’horizon, Frank doit remettre en cause les fondations sur lesquelles il a bâti son existence. Atteint d’un cancer de la prostate, quitté par sa femme Sally, il affronte la solitude et dresse l’inévitable bilan : qu’a-t-il fait de sa vie ? Est-il prêt à mourir ? Hanté par les événements de son passé – l’échec de ses mariages, la mort de son fils Ralph –, Frank tente de résister aux courants contraires du destin. Ce roman d’une puissance et d’une virtuosité exceptionnelles est le livre le plus abouti de Richard Ford. À travers ce portrait d’un agent immobilier, il nous livre sa vision de l’Amérique, à la fois généreuse et pessimiste, à la manière d’un Saul Bellow ou d’un John Updike avec Harry « Rabbit » Angstrom. Ford a inventé un personnage-miroir de l’Amérique, un antihéros ironique et lucide qu’il plonge dans une fin de siècle en plein désarroi. Un homme ordinaire, avec ses blessures et ses défauts, terriblement attachant.

nina bouraoui
Appelez-moi par mon prénom de Nina Bouraoui, Ed. Stock

Dix-sept ans après « La voyeuse interdite », huit ans après « Garçon manqué », trois ans après le prix Renaudot des « Mauvaises Pensées », Nina Bouraoui change pour la première fois de manière et de registre. Celle qui s’est vu reprocher dans sa jeunesse son écriture saccadée, ses fulgurances, celle qui nous a révélé peu à peu au fil de ses livres les amours interdites qu’elle s’autorisait, publie aujourd’hui son premier roman classique. C’est l’histoire d’une rencontre, la rencontre d’une jeune femme écrivain et de l’un de ses admirateurs, de leurs échanges, de leur passion mais aussi de leur bonheur gagné jour après jour. Nina Bouraoui a toujours intrigué son monde, elle n’est jamais là où il faut, là où on voudrait l’enfermer. Elle est un écrivain libre, libre à quarante ans de composer et de rédiger son « Amant » à elle tout en conservant sa singularité, ses propres empreintes.

vincent ravalec
Héros, personnages et magiciens de Vincent Ravalec, Ed. Fayard

Que diriez-vous, lecteurs, si vos personnages préférés débarquaient dans votre salon ? Fantasme ou cauchemar, en vérité ?
C’est ce qui arrive à Vincent Ravalec, un beau matin, alors qu’il sort de la douche : deux hommes un peu étranges frappent à sa porte et lui tendent ce qu’il appellent un « hologrammisateur » : un appareil grâce auquel ses héros vont pouvoir sortir de leurs pages et « vivre en vrai ».
Mais les camés, les fêtards et les magiciens de son œuvre prennent goût au réel et s’amusent à hanter le Grand Roman Collectif : les datchas russes de Guerre et Paix se mettent au téléphone portable et font la Révolution, Mary Shelley tremble pour son Frankenstein…
Entre L’Apprenti Sorcier et Lettres à un jeune poète, Vincent Ravalec signe un livre à la fois hilarant et sérieux sur le pourquoi de l’écriture et revisite, à sa façon, de grands textes qui ont compté pour lui.
Vincent Ravalec est écrivain et cinéaste. Héros, personnages et magiciens est son trente-deuxième livre de fiction.

colombe schneck
Val de Grâce de Colombe Schneck, Ed. Stock

Est-ce qu’on me pardonnera d’avoir été aimée à ce point ? se demande la narratrice. Est-ce qu’on lui pardonnera la chance inouïe d’avoir passé les vingt-trois premières années de sa vie au « Val de Grâce » ? Comment oublier 200 mètres carrés dans un immeuble haussmanien, rue du Val de Grâce, au coeur de la capitale ? Comment oublier les odeurs, le toucher d’un appartement dont on connaît le moindre recoin, la moindre éraflure ? Les nombreux meubles, l’accumulation des objets, l’originalité des décors, le papier doré et argenté des murs ? Comment oublier l’enfance heureuse, préservée, qui donne droit à tout : aux confiseries et à la boulangerie à compte ouvert ; à la patience de Madame Jacqueline ; aux rêves de princesse de contes de fées ? Au Val de Grâce, tout devient beau, tout y est magique. Tout paraît éternel. Les enfants ne voient pas le manque d’argent. L’usure, le temps qui passe. On ne leur raconte pas la douloureuse histoire familiale, les parents juifs immigrés fuyant la Shoah. Mais cette histoire a son terme au bout de vingt ans. La disparition de la mère sonne la dernière fête, puis la liquidation du Val de Grâce. C’est l’enfance qui s’en va, les traces des parents, les souvenirs joyeux. Chez soi, en soi, on conserve un mini Val de Grâce, de précieuses reliques. Un jour, alors que la vie est en miettes, on comprend qu’il faut liquider Val de Grâce, le faire revivre une dernière fois pour mieux refermer la porte sur le passé.

christine angot
Le marché des amants de Christine Angot, Ed. du Seuil

L’un des livres les plus attendus de la rentrée littéraire 2008 est de nouveau signé Christine Angot : la radiographie de sa relation amoureuse avec un certain « Bruno »…
Christine Angot ne cessera jamais d’étonner ses lecteurs avec ce nouveau livre qui prend le pouls de la passion entre deux êtres qu’a priori tout sépare : la narratrice, Christine, et un certain « Bruno », alias Doc Gynéco, rappeur bien connu du public français autant pour sa musique que pour ses passages à la télévision. Bref, ici, il s’agit d’amour, ici/maintenant, et rien n’échappe à au regard vif et sans compromis de Christine : ni la nature des sentiments, ni l’ambiguïté de sa position avec Bruno au sein du cirque social, ni les mutations de la société française que la narratrice met au jour avec son nouvel amant, originaire de la porte de La Chapelle, à Paris. Du Christine Angot pur jus qui devrait réjouir ses plus fervents admirateurs et horripiler les autres.

elie wiesel
Le cas Sonderberg de Elie Wiesel, Ed. Grasset

Jeune journaliste, Yedidyah évolue dans la rédaction d’un quotidien new-yorkais, avec ses intrigues et ses fidélités. Critique théâtral, époux d’une actrice, il participe de la comédie new-yorkaise. Les succès éphémères, les gloires oubliées : rien n’est plus joyeux qu’une nouvelle étoile, rien n’est plus mélancolique que son crépuscule.
Mais voilà qu’on demande un jour à Yedidyah de « couvrir » le procès d’un certain Werner Sonderberg. L’accusé, jeune Allemand résidant aux Etats-Unis, est parti se promener avec son vieil oncle, visiteur de passage, dans les montagnes des Adirondacks. Le neveu en est revenu seul. Coupable ou non coupable ? Cette affaire déclenche en Yedidyah d’étranges et puissants échos. Sentant qu’il se heurte à un secret familial, il tente de sonder sa propre mémoire. Qui est-il vraiment ? Comment retrouver les visages disparus d’un père, d’une mère, d’un frère ?
Offre de mission clandestine en Israël, épisodes de l’Occupation et de l’après-guerre, camaraderie de combat et désillusions : tout s’enchevêtre dans sa conscience. Le voilà guetté par la folie. Il a recours à l’hypnose pour retrouver les images de sa petite enfance, faire la paix avec lui-même et avec « une histoire qui, jusqu’à la fin des temps, fera honte à l’humanité ».

alma brami
Sans elle de Alma Brami, Ed. Mercure de France

Quand Solène est morte, Maman a arrêté de me coiffer le matin, elle n’avait plus le temps et plus l’envie. Solène est morte, et moi, j’ai grandi d’un coup. Je suis devenue grande avec un cœur rempli de plein de trucs, de plein de trucs dont je me serais bien passé.
Léa a dix ans. Brutalement confrontée au monde des adultes, elle n’a, pour se défendre, que ses mots à elle. Elle est comme Alice au pays des merveilles projetée dans un monde d’ombre et d’inconnu. Pourtant, grâce à son innocence et à sa volonté, elle saura retrouver le chemin de la lumière.
À vingt-trois ans, Alma Brami offre avec ce premier roman un miracle d’équilibre et de justesse. En prenant la voix d’une enfant, elle soulève les questions les plus graves avec les mots les plus simples. Et on ne sait, au fil de la lecture, si elle est une adulte qui sait emprunter les pas d’une enfant. Ou une enfant qui possède la lucidité d’une adulte…

martin page
Peut-être une histoire d’amour de Martin Page, Ed. de l’Olivier

Virgile a l’habitude d’être délaissé par les femmes qu’il aime, c’est même une  » certitude plus grande que la gravitation « .
Mais cette fois, il s’apprête à vivre une expérience autrement plus déconcertante : de retour chez lui après une journée de bureau, il trouve sur son répondeur un message de Clara lui annonçant qu’elle le quitte. Or, il n’a aucun souvenir de cette dénommée Clara. Il cherche en vain une explication satisfaisante et finit par prendre une décision inattendue : reconquérir cette femme qu’il ne connaît pas. Peut-être une histoire d’amour est une comédie romantique dont Virgile est le héros décalé.
Rebondissements et quiproquos se marient aux réflexions sur l’amour et pimentent cette fable pleine d’esprit.

Voir également le site du monde
Et n’oubliez pas de regarder la nouvelle émission littéraire diffusée sur France 5 « La Grande librairie » les jeudis à 20h35. Voir leur site internet

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