eldorado Je me suis bien laissée entraîner dans ce nouveau livre de Laurent Gaudé, Eldorado, d’une façon très envoûtante. Même si le thème, à première vue, ne m’aurait pas tentée, je reconnais que ce roman m’a séduite. Le livre est bien écrit, bien mené, avec peu de longueurs. Le Commandant Piracci nous fait vivre des moments difficiles, de tristesse et de souffrance, mais aussi de joie et d’espoir. On assiste au courage sans limite de tous ces clandestins qui veulent connaître des jours meilleurs, et surtout une nouvelle vie, mais dont les chances de réussir sont minimes.

En même temps, on s’aperçoit qu’en face d’eux, il y a un mur d’incompréhension et d’intolérance. Ils ne peuvent quasiment rien faire. Et pourtant, certains y arriveront sans doute. De l’autre côté, ceux qui sont les gardiens de leur pays, sont aussi des êtres humains, avec leurs obligations mais aussi leur coeur qui peut les faire douter. Un roman à lire car plein de sensibilité et, en permanence, la prise de conscience du mal que l’on peut faire en suivant une discipline dénuée parfois de bons sens et d’humanité.

Pour finir, j’ajouterai que ce livre est traversé de moments poétiques où l’on sent que l’auteur a voulu donner un peu de douceur à cette crauté quasi-permanente. Ce thème reste d’actualité aujourd’hui avec la lutte des pays riches pour éviter l’entrée sur leur territoire des clandestins et la violence est toujours présente. Il n’y a toujours pas de véritables solutions à ce problème qui dure depuis des décennies.

Une lectrice, membre du jury Délire de Lire

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