Lu dans le dictionnaire : « techno : musique électronique à rythme constant, et peu mélodique ». Un rien lapidaire, cette définition mérite d’être appronfondie. Si la musique house vient de Chicago, la techno vient de Detroit, connue pour ses usines Ford. On peut déjà parler de musique « industrielle ».
Les deux styles ont toujours été liés. Urbains, nés dans les années 80, ils puisent dans la musique noire américaine.

Face à la house, remplie de références funk, disco et soul, la techno durcit le ton. On parle souvent de BPM à son égard : il s’agit de battements par minute, en d’autres termes, du rythme impulsé. Si la house en compte environ 130, la techno dépasse allègrement les 200 dans certains cas. C’est bien ce tempo rapide qui la caractérise.

En 1981, le titre « Alley of your mind » est considéré comme le premier titre techno. Son créateur, Juan Atkins, en devient le précurseur. En n’utilisant que des rythmiques électroniques, sans samples ni voix, il façonne la « techno house » ou « hardbeat ». Pour définir ce style, on dira que la techno est instrumentale, imprégnée d’une rythmique énergique.

1986 est l’étape suivante. Un autre DJ, Derrick May, mêle avec « Strings of life » un tempo brutal à des mélodies planantes. Immédiatement, il représente l’âme de cette mouvance.

En 1988, Kevin Saunderson popularise le genre en publiant « Rock to the beat ». Avec son groupe Inner City et le tube « Big Fun », il donnera un visage plus pop à sa musique.

Aujourd’hui, on parle plus de house pour désigner ce titre.

A Detroit, les héritiers de ce trio se nomment Jeff Mills, Carl Craig et Kenny Larkin. Canadien, Richie Hawtin, alias Plastikman, est l’un des rares DJ blancs à émerger de la scène techno. Sa musique est plus cérébrale, on la nomme « techno minimale ».

richie hawtin

Richie Hawtin « DE9/Transitions » (Mute, 2005)


Notons à Philadelphie, la présence de Josh Wink et de son « Higher stage of consciousness », musique définie comme « techno breakbeat**acid », une sorte de prémice de la jungle.

**le rythme « breakbeat » allie une caisse claire et une percussion sur une mesure 4/4, ce qui produit un rythme 1 2 33 4. Il est à la base du hip hop. Accéléré, il devient « techno breakbeat hardcore » et « jungle ».

Un label va devenir mythique dans ce milieu, et influencera grandement les DJs européens : Underground Resistance se caractérise par un son brutal et frénétique. Par exemple, Joey Beltram devient avec « Energy flash » un modèle de techno puissante.

La techno de Detroit


jeff millsCarl Coxdave clarveultra techno

Jeff Mills « The correct use of techno » (BPM Records, 1998)
« Purposemaker » (Axis, 1998)


Tout comme la house, la techno va faire un flop aux Etats-Unis. En Angleterre, les grands noms sont Carl Cox, Dave Clarke et Luke Slater.

Carl COX « Factory 2, vol. 1 & 2 » (Sony, 1997)
Dave CLARKE « Archive one » (BMG, 1996)

Beaucoup de références sur « Ultra techno, vol 2, 4 et 5 » (Independance)
Et « Classic classic » (Classic, 1998)

Plus pour les boîtes de nuit « Tekno.com 2004 » (Active Music)


Une distinction est importante dans le monde, c’est celle entre un mix (ou un set) et un live. Le mix est une technique du DJ qui consiste à mélanger deux disques afin de passer de l’un à l’autre sans que l’on puisse réellement déceler la transition entre les deux morceaux. Ce n’est donc pas forcément la musique créée par ce DJ, mais la manière d’enchaîner des titres qui prévaut.

Le live, quant à lui, est basé sur l’utilisation des machines comme les échantolloneurs, les synthétiseurs… Le DJ crée sa musique en direct.

Demain, j’aborderai les différents styles en matière de musique techno…

Bruno NEVEUX

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