Dans les années 70, pendant que Kraftwerk lance la mode électro-robotique en costumes Star Trek, la mode est à la musique psychédélique et au Krautrock allemand. Les vinyles grésillent sur fond de Pink Floyd, Tangerine Dream ou Can. C’est à ce moment que naît la musique « ambient » pas trop faite pour remuer les jambes, mais plutôt pour les allonger tranquillement.
L’inventeur de ce nouveau style est l’anglais Brian Eno, un ancien membre de Roxy Music, où il jouait du synthétiseur.
Marqué par une succession de sons planants, l’ambient trouve également ses racines dans la musique « minimaliste » de compositeurs contemporains comme Steve Reich ou Philip Glass.
Le rythme importe moins que l’ambiance obtenue. On peut aussi trouver dans cette musique des sons de la nature, des chants de sirènes…
La musique ambient est souvent associée à la transe, qui est l’un des courants de la musique techno.

Brian Eno music for airports, à écouter ici


Dans les années 90, un autre genre va naître en Angleterre. Ce qui le caractérise est l’atmosphère tout aussi planante que mélancolique qui s’en dégage.
Difficile à définir musicalement, il se base sur le hip-hop en y mêlant des influences rock ou reggae.
Ce courant est le trip-hop. Son lieu de naissance est Bristol, port anglais, ville de passage et de brassages du sud-ouest de l’Angleterre.
Le groupe phare en est Massive Attack, également appelé Massive pour cause de censure pendant la première guerre du Golfe. Leurs deux premiers albums font intervenir Tricky, autre figure du genre.
D’autres groupes majeurs vont s’imposer, comme Portishead ou encore Archive qui avec leurs premiers albums deviennent des groupes de référence en la matière.
N’oublions pas non plus Alpha, protégés de Massive Attack et qui avec « Come from heaven » marquent le genre.
Autre grand nom, américain cette fois, DJ Shadow. Roi du sample* et du scratch** (ou encore turntablism), dénicheur invétéré de vieux sons, il se base sur des rythmiques hip-hop qu’il confronte à des sons plus techno. Son « Endtroducing » invente l’abstract hip-hop et dévoile un univers à la David Lynch.

bjork
Artiste à part, l’islandaise Björk a souvent flirté avec le trip-hop, qu’elle mêle à des refrains plus pop.
Pour désigner le trip-hop, on parle également de musique downtempo.

*sample : échantillon. C’est un enregistrement numérique d’un court extrait d’un morceau ou d’un son. Il peut être modifié puis joué sur un clavier.

**scratch : effet sonore par lequel le DJ fait avancer et reculer le disque de quelques centimères par des mouvements très rapides de la main.

(source : Mix – Les musiques électroniques/Nicolas Dambre ; Ed. Alternatives, 2001)

Discographie sélective :


Les musiques minimalistes contemporaines


Les musiques américaines de Nonesuch

La musique ambient


brian eno Brian ENO « Another day on earth » (Ryko, 2005)

Le trip-hop


massivetrickyportisheadarchive londiniumalpha come fromdj shadow

MASSIVE ATTACK « Blue Lines » (Circa, 1991)
TRICKY « Maxinquaye » (Island, 1995)
PORTISHEAD « Dummy » (Go ! Discs, 1994)
ARCHIVE « Londinium » (Island, 1996)
ALPHA « Come from heaven » (Melankolic, 1997)
DJ SHADOW « Endtroducing » (MoWax, 1996)


A écouter « Karmacoma » Massive Attack & Tricky

Dans les années 2000, on parle plus de musique lounge. Un DJ enchaîne à sa manière une série de titres de différents artistes. Ainsi Stéphane Pompougnac s’est fait connaître par les compilations de l’Hotel Costes en remixant des musiques électroniques classieuses teintées de jazz. Cette méthode permet de dénicher quelquefois quelques pépites.
Les compilations du Bouddha Bar, plus axées sur des sons orientaux, sont également prisées.

pompougnacbouddha bar

Stéphane POMPOUGNAC « Costes – la suite » (Pschentt, 1999)
Claude CHALLE « Buddha Bar 1 » (Wagram, 2003)
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