prefuse 73
Quelques jours avant la sortie du prochain album de Prefuse 73, il n’est peut être pas inutile de revenir sur la présentation de ce producteur surdoué, d’autant plus que vous trouverez désormais son dernier opus en date ici-même !

Guillermo Scott (toujours) Herren, alias Savalas, Prefuse 73 (et on en passe…), est un producteur de musique électronique, dont les armes principales se constituent de subtiles collisions entre textures fouillées électroniques et Hip hop (mais pas seulement). Un peu dans le sillage de ses collègues de label Anti-pop consortium.
A ceci près que Prefuse c’est seulement un producteur (c’est déjà bien), un génial bidouilleur de machines, et qui a voulu, avec cet album rendre hommage et collaborer avec les artistes qui alimentent son univers.

On retrouve donc une recette récurrente (la force est dans le produit pas dans votre bras) avec Herren aux manettes, des MCs (et du lourd : Aesop Rock, Beans, Ghostface…) pour l’habillage vocal, et des collaborations plus instrumentales avec des musiciens d’horizons différents (The Books, Kazu des Blonde Redhead, Pedro…).

La cohabitation heureuse de ces deux « esthétiques », marque de fabrique habituelle du barcelonais, peut ici (par moments) laisser l’auditeur dubit hâtif -mais c’est bien connu les meilleurs partent toujours les premiers-
En effet, comment ne pas parfois rester plus tiède à l’écoute de productions (et de certaines prestations de Mc) certes tout à fait recommandables mais à qui ils manquent ce petit quelque chose pour perdurer dans nos oreilles. « Mais diable, quoi donc ? » se demande-t-on un tantinet déçu…

Eh bien, exactement ce que les autres collaborations apportent pour faire de cet opus un vrai bon disque. Ce petit supplément qui fait d’un bon morceau un excellent… pas seulement de l’innovation mais de la surprise. Un exemple ? L’envoûtante collaboration avec The books (« pagina dos » – tres maria) ou le très classique mais très réussi « Ty versus Detchibe » (comme quoi dans les vieilles peaux on peut faire de bonnes soupes).

Et c’est paradoxalement la force de ce disque : si certains morceaux sentent un brin le déjà vu, les collaborations plus inhabituelles en ressortent d’autant plus brillantes pour finalement susciter une vraie adhésion.

Un opus, que d’aucun pourrait qualifier d’inégal, mais aussi d’accessible pour rentrer dans l’univers de cet artiste, qui, sans aucun doute vaut une nouvelle dose par prefuse-ion.

Sébastien HAMMES

PS : Pour résumer c’est du trip hop, c’est bien et c’est disponible à la médiathèque !

Pour écouter un titre du groupe, c’est ici

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